lundi 16 mars 2015

Dépasser le seuil des trois actes en généalogie

© Le blog de Marie-Anne Chabin

 En 1929, le Hongrois Frigyes Karynthi a établi qu'il suffit de six étapes pour relier tout être humain à un autre. Cette théorie dite des "6 degrés de séparation" a été récemment mise à mal par un nouveau calcul prenant en compte les réseaux sociaux. Le taux de séparation ne serait plus que de trois degrés.


Cette théorie des 6 degrés de séparation, tout généalogiste l'appréhendera à un moment de ses recherches : implexe, cousinage avec son conjoint, découverte de cousins grâce aux arbres en ligne ...

Il faut 6 degrés de séparation pour que la boucle soit bouclée...

En lisant un article sur le sujet,  j'en suis venue à me demander combien d'actes il fallait pour que je décide qu'un individu dans ma base de données généalogiques soit complet, pour que la boucle soit bouclée.


Les trois actes

Lorsque nous commençons notre généalogie, nous recherchons les trois actes suivants :
  1. Naissance / Baptême
  2. Mariage
  3. Décès
Il s'agit de la base, et il est important de commencer par eux. Mais si nous nous arrêtons à ces trois actes, ne passons-nous pas à côté de quelque chose ?




© Afrocentricity

Aller toujours plus loin

Plus vous allez avancer dans votre généalogie, plus vous réaliserez que s'arrêter à ces trois actes, c'est comme ne lire que le résumé d'un livre. Vous avez l'essentiel de la trame, mais il vous manquera les liants, tous ces détails qui donneront corps à l'histoire.

Ces liants sont :
  • Archives militaires
  • Contrat de mariage
  • Testament
  • Inventaire après décès
  • Inventaire avant vente d'une maison
  • Cadastre
  • Archives familiales : lettres, photos, ...
  • Presse
  • Document notarié (vente de terrain, de bétail, accord commercial, ...)
  • Recensement
  • Archives fiscales
  • Déclarations de grossesse
  • Livres d'histoire locale
  • ...
  • Ajoutez vos ressources !

Vous le voyez, la liste est longue, et nous ne manquons pas d'archives pour documenter la vie de nos ancêtres.

Toutefois, selon les régions, et les époques, cette liste se trouvera fortement diminuée (archives détruites ou inexistantes à l'époque).


Combien d'actes séparent mon ancêtre de l'état de "recherches en cours" à "complet" ?

3 ? 16 ? Plus ? Je ne sais pas. 

Toutes ces archives n'étant pas en ligne, j'ai une liste interminable de recherches à mener sur site dans les centres d'Archives aux quatre coins de la France.
A ce titre, je pourrai dire naturellement que, tant que je n'ai pas effectué une recherche complète de ces sources, je considère que les recherches sur un individu ne sont pas complètes.

Toutefois, même si je sais que j'ai épluché toutes les Archives dont j'ai connaissance, je n'arrive pas à considérer que cet individu soit "complet".

Décider que les recherches pour tel ancêtre sont terminées revient à fermer une fois pour toute son dossier, alors que je garde l'espoir de découvrir un jour, une source inédite.

Alors que j'essaye de redonner vie à mes ancêtres, cocher la case "complet" équivaut à une seconde mort pour eux. Je ne peux m'y résoudre.

La généalogie est une histoire sans fin. 

Suis-je la seule ? Combien de degrés séparent votre ancêtre de l'état de "recherches" à celui de "complet" ?


10 commentaires :

Comme vous, je crois que le dossier de recherche n'est jamais terminé. Il peut être tres avancé, mais jamais complet. "La généalogie est une histoire sans fin."

Petit listing intéressant qu'il me faut garder en tête, j'ai trop souvent tendance à m'arrêter aux NMD/BMS (d'autant plus que j'habite loin des archives qui me concernent, je me contente des archives en ligne).

Après, il me semble que ce n'est justement pas sans fin. Une tâche monumentale certes mais pas sans fin. La généalogie, c'est la science des filiations des familles. Au sens strict du terme, c'est donc l'identification des ancêtres d'une personne et des descendants de ces ancêtres. Les alliances, ça commence déjà à être hors-sujet même si les outils sont identiques.

Donc comme vous dites, la base ce sont les actes de naissance, mariage et décès et on sait tous qu'en France, ces registres ne remontent pas jusqu'à la nuit des temps. Et la CNIL empêchent de d'étudier exhaustivement nos cousins contemporains. Pour certains chanceux, ceux qui ont un patrimoine ou une lignée aristocratique à léger, il y a certes d'autres ressources mais elles ne sont pas aussi puissantes que les registres.

Il ne faut pas non plus être hors-sujet : savoir sur l'arrière-grand-père a servi dans tel régiment pendant la première guerre mondiale avant de se marier, ce n'est pas de la généalogie (ça n'apporte aucune information sur la filiation) mais c'est de la biographie.

Une généalogie (la généalogie d'une personne, la détermination de ses ancêtres et cousins) est bel et bien quelque chose de fini et si c'est trop de travail pour une personne, ça peut devenir un travail collectif, typiquement celui d'une fratrie.

Bonjour Thomas,

Merci de votre commentaire. Effectivement, la généalogie, au sens pur du terme, ne concerne que les recherches de dates et de noms.
Toutefois, nous sommes nombreux à aller au-delà. En dehors de la curiosité, sentir du sentier balisé de la généalogie permet de trouver une information qui pourra nous renseigner sur une naissance ou un décès.
Le fil qui sépare la généalogie de l'histoire familiale est très fin.

Clément Bècle a fait ce commentaire sur Twitter qui résume cette situation :
"Trois actes pour le caser dans le temps et l'espace. >3 pour le décaser et le faire revivre."

À mon humble avis, ce qui est intéressant en généalogie, c'est justement ce qui sort du cadre strict de la généalogie : si on se limite aux filiations et aux alliances, on a l'impression de collectionner des étiquettes. C'est justement tout ce qu'on peut trouver en plus qui donne un peu de chair à tous ces fantômes.

Chacun conçoit la généalogie (au sens large) à sa manière, avec son tempérament. Certains souhaitent faire uniquement leur arbre, en ligne directe, pour savoir d'où ils viennent, d'autres veulent retrouver leur histoire familiale, d'autres encore, intéressés par les liens entre la petite et la grande histoire, notent tout, gardent tout, en essayant de replacer leurs ancêtres, sur plusieurs siècles, dans le contexte dans lequel ils ont vécu autrefois.

Toutes ces démarches ont leur valeur. L'essentiel, comme vous le disiez récemment sur ce blog, c'est d'y prendre du plaisir. Et j'ajouterai qu'on a du plaisir quand on peut parler avec fierté de l'état de ses recherches, de ses trouvailles, des blocages débloqués, de ses projets, et des questions en suspens.

Le plus important est d'avoir un but qui nous tient à coeur : par exemple, réaliser son arbre sur le plus grand nombre de générations possible pour le montrer à la famille lors d'une cousinade (et le but atteint, on pourra passer à autre chose) ou rédiger l'histoire de telle ou telle branche de sa famille pour en faire un beau livre illustré (cela fait, et avec l'expérience, rien n'empêche de passer ensuite à une autre branche). Mais si l'on se dit qu'il restera toujours de nombreuses archives à explorer partout en France et à l'étranger, comme on ne peut pas matériellement passer son temps à voyager et à consulter les services d'archives, je vois pointer le découragement : la généalogie est une tâche sans fin, une corvée, un tonneau sans fond, je n'y arriverai jamais !

Alors, se contenter des 3 actes, certainement pas ! Mais plutôt se dire que seul on ne peut pas tout faire et se fixer des limites atteignables. Pour garder le plaisir.

J'ajouterai, comme ressources et actes supplémentaires aux N/NMD, des actes très intéressants (et qui sont en ligne) : tous les baptêmes, mariages, décès des enfants, neveux, cousins, ou autres, qui nous renseignent sur les déplacements de nos ancêtres, nous indiquent s'ils signent ou pas, nous renseignent sur leur vie sociale. J'ai ainsi des ancêtres très actifs, parrains de nombreux enfants de leur paroisse par exemple, et d'autres totalement absents. Et pour moi, le moindre petit renseignement est important...

La numérisation d'une petite partie des archives facilite incontestablement les recherches généalogiques.La numérisation contribue aussi à l'assèchement de la fréquentation des salles de lecture des AD.Or, et vous avez raison de le rappeler,il existe d'autres ressources, qui ne sont pas en ligne.Par exemple,les archives de la police,,de la justice, comportent parfois des photographies,des lettres ,des témoignages en relation avec un ancêtre.


Je suis de ceux qui considèrent que le dossier d'un ancêtre n'est jamais clos. Toutes les informations m'intéressent en plus des NMD. J'ajouterais même "surtout hors NMD", comme tous ceux dont les recherches généalogiques concernent des territoires et des époques où très peu de choses sont mises en ligne et où les salles d'archives sont très éloignées voire inexistantes.

Je suis moi d'accord avec le fait que nous n'aurons jamais terminé de chercher. Lors du dernier challenge, j'avais écris sur le sujet http://mesgenealogies.blogspot.fr/2014/06/lettre-y-comme-y-t-il-une-fin-en.html ou http://mesgenealogies.blogspot.fr/2014/06/lettre-q-comme-qui-quoi-quand-challenge.html
Je partage ce que dit Sophie "Le fil qui sépare la généalogie de l'histoire familiale est très fin" et ne rechercher que les naissances, mariages ou décès ne seraient finalement pas très intéressant, en tout cas pour ma part. La généalogie pour moi, c'est bien sûr trouver de qui on descend, mais aussi et surtout revivre l'histoire que nos Ancêtres ont vécus. C'est tout cela qui nous fait avancer !

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